RE2020: Nouvel arbitrage de l'Etat

Mise en ligne le 17-01-2020

javascript:void(0)

La récente annonce de la baisse du coefficient d'énergie primaire de l'électricité et celle du contenu en CO2 du kWh électrique pour les calculs des simulations de la future réglementation environnementale dessinent un avantage au chauffage électrique.

Le 14 janviers 2020, le ministère de la Cohésion des territoires a rendu public la réglementation environnementale 2020 (RE2020) appliquée à compter du 1er janvier 2021. Ainsi, le coefficient d'énergie primaire (Cep) de l'électricité sera bien ramené de 2,58 à 2,3 et que le contenu carbone du chauffage électrique sera ramené à 79g/kWh (contre 210 dans l'expérimentation E+C-, censée préfigurer la RE2020). Une mesure permettant de baisser les émissions carbones afin de démocratiser l’électricité renouvelable.

Des simulations après l’expérimentation E+/C-

Diminuer l’emprunte carbone des bâtiments, améliorer leur performance énergétique et garantir la fraîcheur lors des étés caniculaires sont les trois points principaux de la RE2020. Si le programme est ambitieux, les simulations sont d’ores et déjà en marche et prennent en considération ces évolutions réglementaires. Concernant le recours aux matériaux biosourcés qui stockent le carbone, aux modes constructifs peu émissifs, ou aux énergies décarbonées, ils seront vivement encouragés. Le "Bbio", quant à lui, sera renforcé, assure aussi le Gouvernement.

Par ailleurs, après une phase d’expérimentations avec la démarche E+/C- en 2019, une phase de simulations « permettra d’éclairer les choix d’indicateurs et de niveaux de performance pertinents », expliquent les ministères de la transition écologique et du logement. « Elle sera suivie, au printemps 2020, d’une nouvelle phase de concertation qui analysera avec précision les effets de la RE 2020 sur les matériaux, les modes constructifs et les filières du bâtiment », poursuivent les ministères.

L’objectif : définir les paramètres de la future réglementation pour une publication à l’automne 2020. « En particulier, un seuil d’émissions de CO2 pendant la vie du bâtiment sera défini et fixé à un niveau suffisamment ambitieux pour favoriser les énergies les moins carbonées », est-il détaillé. Le facteur d’émission de CO2 de l’électricité sera actualisé à 79 g/kWh et un coefficient de conversion entre énergie primaire et énergie finale de l’électricité de 2,3 sera utilisé.

Une réglementation contestée

Si en apparence l’annonce semble positive, elle est factrice de déception et de colère hez Thierry Rieser, gérant du bureau d'études Enertech, devenu le chef de file de la contestation quant à la RE2020. Dans une tribune signée fin 2019, il assuré fermement qu'il n'était pas nécessaire de modifier le Cep ou le contenu carbone du chauffage électrique pour pouvoir privilégier des solutions performantes telles que les pompes à chaleur. "Nous avons donc un retour aux 'grille-pains', qui consomment trois fois plus que les solutions électriques intelligentes, mais cela n'ira pas au service de la lutte contre la précarité énergétique." Selon lui, le pic de chauffage hivernal reste difficile à gérer, et la donnée de 79g/kWh ne "reflète pas la réalité physique". Affaire à suivre.

RETOUR AUX ACTUALITES

nos partenaires